Errances en Cap-Sizun
Errances en Cap-Sizun
17-04-2008
Quelques photos d'Alain
10-12-2007
Ce jour: 10-2-2007, on peut lire sur le site "errances", un article intitulé
"les mendiants de Pont-Croix"
http://www.errances.info/
lecture recommandée aux amateurs
7-12-07
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Le blog "Errances" de notre ami Alain vient de publier un article qui concerne le Cap-Sizun. J'ai demandé à Alain l'autorisation de le reproduire. Il a bien voulu me l'accorder. Je publie
textuellemnt cet article en priant le lecteur de m'excuser pour la présentation. Dans ce genre d'article, j'estime que ce qui compte c'est le fond et non la forme. J'exprime mes très sincères
remerciements à Alain. Les références du blog "errances" se trouvent dans cet article, un peu plus loin. Je pense et j'espère que les Capistes apprécieront.
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Bonjour
autorisation accordée avec joie.
Je vous ai laissé la mise en forme "html" ce qui vous permet de faire un simple cpoier coller et la mise en forme sera respectée.
cordialement
Alain
Curiosités du Cap Sizun
au début du 19ème siècle, le ministre d e l'intérieur de l'époque semble s'intéresser au patrimoine historique, et enjoint aux préfets de demander aux maires d'enquêter sur le patrimoine de leur
commune. Le préfet du Finistère s'empresse donc d'écrire aux maires du département, et à celui de Pont-Croix entre autres. Nous n'avons pas connaissance d'une réponse -il n'y en a peut-être pas
eu...les édiles de l 'époque ne semblaient pas très intéressés par le sujet. A preuve cette appréciation, portée par un des membres du district de Pont-Croix, que Cambrit eut en main: Nous,
administrateurs du district de Pont-Croix, département du Finistère, certifions et attestons qu'il n'est pas à notre connaissance qu'il existe dans l'étendue de notre arrondissement aucun dépôt
ou aucun monument qui puisse intéresser les sciences ou les arts.Signé: Bernard, Grivat, Tréhot, Guéguen, Guillou, secrétaire Et ils écrivirent cela à proximité de Notre Dame de Roscudon!!!
Fort heureusement, il s'est tout de même trouvé une personne dont les compétences étaient autres, même si elle s'en défendait. Il s'agit de l'abbé Clet Le Gall (1), originaire de Beuzec, ancien
recteur de Plogoff de 172 à 1791, et qui était en 1810, vicaire de Ploneour Porzay. Il répondit à cette même lettre que le préfet lui avait également fait parvenir. Sa réponse a été découverte
par M. Daniel Bernard, l'original est déposé à Quimper. Extraits:
A la pointe de Plogoff, on trouve la pierre ou plutôt le rocher compassé (2), c'est-à-dire sur lequel on a marqué les 32 rhumbs de vent, merveille qui attire une infinité de curieux.
Au nord-est de la pointe se trouve la Baie des Trépassés, ainsi nommée parce que la plus grande part des malheureux qui se perdent dans le Raz y sont jetés par le flux de la mer (3).
Dans cette baie et à marée basse, on découvre encore une partie de la carcasse du vaisseau le Saint Michel qui sous le règne de Louis XV, après avoir touché quelque rocher, s'y jeta pour sauver
son équipage (4).
A quelque distance de cette baie, on trouve la chapelle de Saint They (sur la pointe du Van et au levant de cette chapelle et à un quart de lieue de la côte sont des murs faits en mastic et
formés de très petites pierres. La tradition du pays porte que c'est encore un reste d l a ville d'Ys, dont la partie principale existait dans le ras qui s'étendait jusqu'à Penmarc'h et
Douarnenez (5).
On remarque dans plusieurs endroits du pays, surtout dans les communes de Cleden et de Beuzec une grande route de 48 pieds de large, pavée encore en quelque endroit par la main des hommes.
A un quart de lieue se trouve sur la baie de Douarnenez une pointe escarpée nommée dans le pays « castel meur », et où suivant la tradition, de Fontenelle (6) aurait fait camper sa troupe de
brigands.
On trouve à Plogoff une croix en pierre noire telle que nos croix aujourd’hui, tirée du fond de la mer, à 6 ou 7 lieues de l’île de Sein par des pécheurs de Plogoff. (7)
Au sud-est de l’église de Plogoff, à l’endroit nommé Carrec Creis se trouve un souterrain creusé par la mer où l’on voit des peintures les plus affreuses formées par la nature. Jamais peintre n’a
pu représenter l’enfer avec des couleurs aussi effrayantes. La mer y entre par deux endroits et pour peu qu’elle soit agitée on croit voir dans le lointain des étincelles de feu. (8)
Dans la baie d’Audierne, on peut voir un rocher appelée la Gamelle et qui passe dans le pays pour être une partie des murs d’Ys. Il y a sur ce rocher des pierres placées par la main de l’homme et
si bien liées ensemble que ni le temps ni la mer n’ont pu ébranler. (9)
Notes:
Abbé Clet Le Gall: né à Beuzec le 14 10 1745, prêtre en 1776, pourvu de la cure de Plogoff en 1782; élu curé de Plouhinec en 1791; en l'an III cesse toute activité sacerdotale et se fait
menuisier à Plouhinec; en l'an VI il réside à Beuzec, de 1800 à 1802, à Cléden. Au Concordat, il est vicaire à Plonevez-Porzay où il rétracta son serment le 15 avril 1812. Nommé recteur de
Penmarc'h le 1 mai 1812, il y meurt le 30 mars 1825.
Ce rocher porte une rose des vents: « ar men Goumpass » est bien connu des guides de la pointe. Il semble toutefois qu'il ne soit plus visible, les Allemands l'ayant recouvert de béton pour
servir de socle pour un mât de TSF. Il se trouve à l'ouest de la statue de ND des Naufragés.
On sait que ce serait plutôt le contraire...Une des étymologies proposées ferait provenir « Bae an anaon « de « bae an avon » la baie de la rivière, le Goayen aboutissait ici aux temps pré ou
proto-historiques. Il est tout de même plus romantiques d'y voir le lieu d'embarquement des âmes des défunts pour Enez Sun.
ien que les archives de l'Amirauté ne signalent aucun naufrage sur le rivage de Cléden.
Pour H. Le Carguet, la ville d'Ys se serait étendue de Douarnenez à Penmarc'h. La plus grande des écluses se trouvait à Gorle-Freiz et était appelé « le puits ».
Fontenelle avait commis des horreurs dans le pays et en particulier à Pont Croix, où une rue porte le nom de rue chaire à cause du massacre qu'il y aurait fait. Dans son livre, « raz de Sein » L.
Boullain signale que <blockquote>la plus grande mêlée se trouva à l'endroit que l'on appelle depuis « rue chair ». Là le sang coulait et ceux qui connaissent la pente peuvent s'en rendre
compte. Les cadavres roulaient jusqu'au bout du canal et la marée enleva les blessés et les morts.
Elle est située au milieu de la petite place du village de Penneac’h, au sud-est de Plogoff. Elle serait un vestige d’un naufrage. Elle est en granit, mesure environ 1m20 et porte l’anagramme
INRI
Ar garreg greis est une grotte assez vaste située à proximité de Pors Loubous. Ces peintures et ces couleurs sont des concrétions laissées par la mer.
Devant la Gamelle, sur un rocher de la côte, on montre la trace du sabot du cheval de Gradlon…

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Références:
http://www.errances.info/
A plusieurs reprises, ici et ailleurs, j'ai fait allusion et référence au site errances, ci-dessus désigné. L'auteur: Alain (ou Caral) est un fidèle du forum du Cap-Sizun, dans lequel il
intervient régulièrement. il connaît bien le Cap-Sizun pour y avoir séjourné à plusieurs reprises et encore récemment. A l'inverse de moi, il ne se limite d'ailleurs pas à parler du Cap-Sizun. Il
traite de la Bretagne, n'hésitant pas à aborder des sujets sensibles, à propos desquels il exprime parfois des opinions personnelles percutantes et courageuses, car chacun sait que toute vérité
n'est pas toujours bonne à dire. C'est pourquoi il faut tout de même la dire. J'ai eu l'occasion, à plusieurs reprises, de commenter ses articles, et je déplore que ses nombreux lecteurs soient
souvent trop passifs dans la critique. Je crois avoir qualifié son site d'encyclopédie, tant les sujets sont variés et intéressants. On peut visiter son site en demandant l'adresse ci-dessus, ou
en cliquant sur le lien "Alain" du blog konchennou.
Un article récent du site errances a retenu mon attention. Il se réfère à des publications du XIXème siècle, et traite du Cap-Sizun. Alain a bien voulu m'autoriser à reproduire ici cet article.
Qu'il veuille bien accepter mes remerciements.
Le Cap-Sizun- Par Alain, lundi 29 octobre 2007 à 10 heures 52
Alexandre Bouët dresse, vers 1835, un sombre tableau des chemins de terre reliant les villages, "sépulcres vicinaux", que recouvrent de leur ombre des arbres séculaires ou des taillis poussant sur
les talus, "humides, fangeux", creusés de profondes ornières. " Les roues de charrettes se brisent, les chevaux se blessent".
Le réseau routier consistait en d'anciennes voies romaines, voies d'antiques pistes armoricaines, des routes stratégiques qu'avait fait construire le duc d'Aiguillon, sous Louis XIV, et non
entretenues.
Bouët regrette d'ailleurs que les usagers ne fassent pas le moindre travail pour entretenir les voies.., "les laissant telles que le hasard les a faites".Au reste, la révolution de 1789 avait aboli
les corvées.
Le loi de 1836, sur l'organisation des chemins vicinaux, allait donner une bonne impulsion à l'établissement d'un meilleur réseau, réalisé sous une vingtaine d'années, grâce aux
effortsconsidérables consentis par le département et les communes.
Pour relier le Cap au continent
En attendant un échotier du journal "Le Quimpérois" fait état d'une situation à cet égard inacceptable dans le Cap-Sizun en 1844. (remarque de Spartacus: 1844 se situe entre les 2 révolutions de
1830 et 1848, la conquête de l'Algérie ayant débuté en 1830: débarquement des troupes françaises à Sidi Ferruch).
La route reliant Douarnenez, Pont Croix et Audierne, construite " à grands frais", sous l'intendance du Duc d'Aiguillon, se révéla presque impraticable. "On s'aperçut qu'il était impossible de
gravir et descendre avec des voitures chargées les quinze ou vingt montagnes qui la rendent si pittoresque". On attend l'exécution d'un nouveau projet, remis d'année en année.
Par ailleurs, un seul kilomètre est fait depuis trois ans de la route "destinée à mettre en communication avec le continent, pour ainsi dire les quatre ou cinq communes du Cap-Sizun.
Quant à mettre Audierne à une distance de deux ou trois lieues de Quimper, ( au lieu de six) par le chemin de grande communication N°1 menant de Quimper au "bec du Raz" (Beg ar Raz)", les travaux,
à leurs débuts sont arrêtés. Seuls se voient dans la rivière (Goyen) "tois ou quatre poteaux plantés pour indiquer la position des futures cales". Il semble même que l'une d'elles commencée, ne
soit pas tout à fait dans la bonne direction. Et "le bac se détériore au soleil depuis trois ans".
Ainsi Audierne est obligé de céder tout son comm!erce de poisson frais à Poulgoazec " qui, sur l'autre rive, peut communiquer en moins de temps avec Quimper (par la route).
De même, deux à trois kilomètres de la route de Pont-Croix à Pont-L'abbé ont été réalisés et, à ce rythme, on pourrait attendre Dix ans la fin des travaux.
Trop pour Marseille ? Pas assez pour les petits ports Cornouaillais !
L'arrondissement de Quimper serait fondé à réclamer par sa population négligée. Quand il voit une notable partie des impôts qui y sont collectés "aller aux villes les plus opulentes du
royaume";
Un grand nombre de projets existe cependant dont la réalisation améliorerait le commerce de nos petites villes maritimes et ports marchands, et servirait en même temps Bordeaux et les ports du
sud-ouest avec lesquelles "nous sommes en relation continuelle", important leurs bois et leurs vins en échange de nos blés et de nos toiles. "il ne serait pas besoin de millions nombreux pour
mettre en état nos petits ports du Finistère. La vingtième partie de ce que l'on compte donner à Marseille nous suffirait".
Misère de la pêche
Sait-on ce sont devenues, à l'exception de celles de Douarnenez, les pêcheries de nos petites bourgades maritimes si renommées, si florissantes il ya 30 ou 4à ans ? rien, absolument rien ne
subsiste. Nos pêcheurs déguenillés s'aventurent chaque jour à 4 lieues au large, sur nos mers orageuses. La barque qu'ils montent ne leur appartient pas...La voile est en lambeaux....Le poisson
(qu'ils pêchent), ils le livrent pour quelques centimes à des pourvoyeurs....Après avoir donné leur part de gain aux propriétaires de la barque, le père de famille possède à peine de quoi subvenir
à la dépense des pommes de terre que réclame son ménage pour la semaine qui commence. Des pommes de terre salées sont un luxe pour lui. Dans l'hiver, ses enfants se groupent autour d'un feu
alimenté de mottes de fiente desséchée comme chez les Arabes, au désert. S'il meure, ses enfants vont mendier.
Enfin, la moitié des ports commerciaux du Finistère sont entièrement dépourvus d'abris, de môles, de quais pour les navires, de cales pour les marchandises. On est fondé à croire que l'on ne
continuera pas de laisser dans le même oubli des hommes qui fournissent à la flotte française ses meilleurs marins et (à l'armée) ses plus dévoués soldats. Aucune partie de la France n'a autant de
droits que la nôtre. Le pays va connaître de surcroît la terrible disette de l'hiver 1846-1847, due à une mauvaise récolte de céréales et au mildiou de la pomme de terre.
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Sources: Alain Le Grand, Bouet Alexandre, Breiz-izel ou la vie des Bretons de l'Armorique, Perrin 1844
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Commentaire personnel
Pour bien comprendre Le Cap-Sizun d'aujourd'hui, il est souhaitable, à mon sens, de bien connaître le Cap-Sizun d'hier. Dans mon étude du Cap-Sizun j'ai consacré la première partie à "Ma Bro
Gwechall" . (traduction: mon pays autrefois). Les lecteurs intéressés pourront se reporter à cette étude, et particulièrement au chapitre 6 : les épidémies dans le Cap-Sizun au XIXème siècle.
Inspiré d'une thèse de doctorat en médecine, ce chapitre fait ressortir l'extrême pauvreté de la population maritime particulièrement vulnérable aux épidémies.
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